Jean-Pierre Scouflaire

“La terre appartient à qui la cultive” – Jean Delval

Présenter Raluca Petricel et son travail- et plus particulièrement ce silence qu’elle interroge avant qu’elle nous le livre habité – relève d’un tour à l’envers du monde.

Pour elle qui n’en finit pas de voyager – qui n’en finira jamais -de traverser, de transpercer l’en-face pour se retrouver ” né à né ” avec l’autre recherché, convoqué, sorti de l’ombre… pas de répit.

Raluca voyage, les yeux grand ouverts, ceux du cœur surtout. Le souvenir se fait mémoire et elle sait y faire…son nom seul déjà nous éclaire, Raluca …Hanoucca…

Tout s’illumine!

Dessiner c’est déposer de la lumière et Raluca, sur le papier à-plat, nous fait rencontrer l’autre, oublié. D’un trait, sans artifice, elle l’amène à fleurir en un ciel étoilé.

Juste tendre les mains, des mains tendres…Raluca Petricel nous rend à nous mêmes!

Elle en aura soulevée des montagnes et si le poids de l’air – si j’ose dire -n’a plus de secret pour elle, seul, celui du sol qui porte ses pas, comme un voyeur sans âge, enfoui par le passé, par le présent enfui, la regarde se démener, se ” démone “.

Mais de vous à moi, elle s’en fout ou fait semblant car elle joue…et tout ce qui la touche, et tout ce qu’elle touche lui est prétexte.

Jeu…de lignes, de la main, d’horizons à venir…

Avec elle, le ciel est sur la terre, la terre en l’air et nous, sur le fil tendu de ses histoires, malades de n’en avoir plus… ou de les avoir oubliées.

Dans le silence de son atelier, seule, avec ce “autre” plaqué au sol qui l’accompagne dans chacun de ses gestes, elle nous livre- nous délivre -du reflet de nos vies tues.

Et d’endosser ce qui vient d’avant pour se vêtir de ce qui lui vient maintenant, telle Alice, le miroir traversé, elle signe de son nom, signe sa vie.

Le monde lui appartient!

 

Jean-Pierre Scouflaire

Peintre, Graveur